Cinéma

« L’internat hors les murs »

Quoi de mieux pour voyager hors des murs et en soi que le cinéma et les images qu’il fait naître ?

L’internat est un cadre hors cadre, le but n’est pas ici de donner des cours aux jeunes mais de les laisser librement réagir et s’engager face aux points de vue et opinions des réalisateurs et des autres membres du groupe.

Ici c’est l’envie qui prime ! Hormis de ne pas interrompre la séance, je n’impose ni obligation ni contrainte (!) mais après les films je propose de réagir, de partager ses impressions et ses émotions en tentant d’expliquer ce qui, par la force du cinéma (cadrages, lumières, dialogues, musiques, rythmes…), les fait naître.

 




L’OVNI : « Bienvenue à Gattaca » :

Réalisé par Andrew Niccol (1997)

 

Dans un monde parfaitement maîtrisé où tout est prédestiné par un code génétique, les humains ont le choix face à la procréation : soit la méthode ancestrale hasardeuse qui naturellement laisse place à l’inconnu, soit la planification médicale, moderne, eugéniste, perfectionniste.

Le rêve d’un « naturellement taré » peut-il se réaliser dans la société génétiquement exigeante qu’est « Gattaca » ?


Réfl-actions :

-Dénonciation : la société totalitaire empêche l’individu naturel de se développer.

-Engouement : pour la volonté et le combat intérieur qui sont présentés comme supérieurs à la fatalité.

Pour le rêve touchant et les beautés simples perçus par l’homme, face à la froide société rectiligne.









 


Thématique : Le cinéma parle de la drogue


 


La plongée : « Las Vegas parano » :

Réalisé par Terry Gilliam (1998)


Le journaliste Raoul Duke et son avocat le Dr. Gonzo partent à Las Vegas couvrir la course des « 400 miles de Las Vegas », avec dans leur coffre de voiture de quoi faire un cross à travers toutes les drogues possibles, imaginables et même inventées. Il s’agit en fait d’une tentative pour retrouver la matérialité perdue des espoirs des Sixties, et oublier la réalité cynique et moralisante de la société américaine des Seventies.

Ici, le loufoque, le burlesque et l’exagération cachent en fait un désespoir profond. N’est-ce pas souvent le point de départ ?


Réfl-actions :

Pour beaucoup, l’amusement et la fascination ont laissé place à l’ennui.

Réflexion : Certains ont vu ce film comme un moyen de s’interroger sur leur propre désespoir et leur rapport aux drogues.












Le fun : « Le péril jeune » :

Réalisé par Cédric Klapisch (1994)

 

Quatre copains se retrouvent dix ans après le bac pour la naissance de l’enfant du cinquième ami, récemment mort d’une overdose. Ils se rappellent cette année 1976 riche en expériences où chacun, galvanisé par l’ambiance de groupe, testa ses limites comme tout adolescent.

Leurs jeux, sous des apparences puériles et anodines, n’étaient-ils pas les révélateurs d’eux-mêmes et de leurs faiblesses ?


Réfl-actions :

-Prise de conscience : Il y a une proximité entre les ados, quelle que soit l’époque.

-Réflexion : Si certaines drogues sont sans conséquences durables pour une partie des consommateurs, d’autres, par leur caractère ou interrogations, présentent des terrains plus favorables.

-Questionnement : sur le rôle et la place qu’on peut avoir face à un ami qui dérape (difficile car refus de l’aide + risque pour soi-même).






 





2001 l’odyssée de l’horreur : « Requiem for a dream » :

Réalisé par Darren Aronofsky (2001)

 

Harold, Marianne et Tyrone rêvent à toujours plus de beautés, de rires, d’amour et de confiance. La drogue est un moyen pour eux d’accéder plus simplement à leurs extases et de dépasser la réalité. Mais de sticks en shoots, les paradis sont de plus en plus inaccessibles et versent dans l’horreur.

Comment s’aliènent-ils dans « les paradis artificiels » ?


Réfl-actions :

-Prise de conscience : sur la force d’attirance de la drogue ainsi que sur l’explosion des limites normées du fait du manque.

-Analyse cinématographique : La musique lancinante qui prend de plus en plus de place ainsi que la répétition en accéléré de scènes, compare la relation à la drogue à une spirale qui tourne de plus en plus vite en direction d’un point central fatal.

-Dénonciation : d’un système médical et de sanctions, inadaptés car trop brutaux et trop rapides face à des consommateurs qui ont besoin de temps pour réfléchir sur eux-mêmes et se dépasser.

-Réflexions : Les comportements qui conduisent à se détruire nécessitent beaucoup de temps, d’attention et de volonté pour être atténués.

Les rêves portent en eux la crainte d’être déçus, c’est cette déception qu’on fuit avec la drogue.





Noël



« Le » film de Noël : « Le Père Noël est une ordure »
Réalisé par Jean Marie Poiré (1982)

Les employés de « SOS détresse-amitié », sûrs du bien-fondé de leur action et de la portée positive de leurs actes, se préparent à accueillir téléphoniquement la détresse des travestis, clochards et autres laissés pour compte de la joie de Noël.
Comment faire lorsque La mère « Fortune », décide de jongler avec les désespoirs, et ramène à l’agence une pagaille inextricable ?

Réfl-actions :
-Dénonciation : d’un système de laissés pour compte.
-Réflexion : Il est complexe d’aider quelqu’un à modifier les comportements qu’il se construit dans la rue car il n'en mesure pas forcément la nécessité.
-Questionnement : Peut-on aider dès lors qu’on est soi-même en peine et que nos limites ne sont pas fixées ?








Thématique : le cinéma parle des psychopathes :


"Here is johnny" : « Shining »
Réalisé par Stanley Kubrick (1980)

Jack Torrance, écrivain en quête d’inspiration, accepte le gardiennage hivernal d’un hôtel isolé où il part en compagnie de son épouse et de son fils doté d’un don paranormal. Il trouve l’inspiration, mais les démons de l’hôtel s’amusent de ses doutes et le confrontent à sa psyché…
Sur quoi se développe la folie au point de devenir assassine ?

Réfl-actions :
-Analyse cinématographique :
    1-Les miroirs sont les premiers révélateurs des tourments de l’âme de Torrance.
    2-Les plans proches de l’acteur masquent les approches et coupent le spectateur
        de l’environnement le plongeant du coup dans l’attente anxieuse.
    3-La musique participe à envoûter.
-Analyse musicale : les rythmes lents avec des sonorités graves participent ici à l’angoisse de l’attente. Les augmentations de tempo et les transitions subites vers les aigus renforcent l’impact des surprises.
-Réflexion : Nos doutes, les remises en cause, et les insécurités qui en découlent sont le terreau de la folie.
-Questionnement : Quand l’inquiétude « normale » devient-elle la folie ?






"Connais-tu ce groupe ?" « American psycho »
Réalisé par Mary Harron (2000)

Patrick Bateman est un « golden-boy » new-yorkais des années 80. Dandy par environnement, totalement obnubilé par les apparences, il partage ses journées entre repas d’affaire et compagnons de circonstance.
Que fait un riche homme d’affaire de Wall-Street de ses nuits, lorsque la réalité s’estompe dans l’obscurité ? Il hait et tue évidemment !

Réfl-actions :
-Analyse cinématographique :
    1-Les miroirs montrent un physique inexpressif et sont porte-parole de ce que le personnage cache.
    2-Il est dans la lumière lorsqu’il tue et les ombres au second plan symbolisent sa dualité.
    3-les personnages ne s’écoutent pas lorsqu’ils sont en représentation,
        ce qui symbolise la dictature des apparences à Wall-Street.
-Analyse musicale : La musique contient ce que ressent le personnage.
-Réflexion : La frustration de ne pouvoir exprimer ce qu'on ressent, de n'être que façade, est source de folie.





Thématique : le cinéma parle de la normalité !




Normalité alternée : « Chat noir, chat blanc »
Réalisé par « Emir Kusturica » (1998)

Matko, petit truand rêvant de fortune, monte un gros coup avec l’appui de la mafia locale et de Dadan, porte flingue émancipé. Il se fait évidemment doubler et doit offrir son fils en compensation pour un mariage qui n’arrange personne et surtout pas les intéressés.
Qu’est ce que la normalité ?

Réflexion :-La normalité dépend des lieux où l’on se trouve.














La bourrasque amorce le plastic : « American beauty »
Réalisé par « Sam Mendes » (2000)

La respectable famille Burnhamm vit une vie paisible dans une banlieue résidentielle, jusqu’à ce que le père Lester se rende compte de la vacuité de cet ordinaire fait de faux semblants et de frustrations. Ses réactions et les questions qu’il soulève chamboulent alors le quotidien de tous.
Peut-on éviter de perdre de vue la beauté de ce (ceux) qui nous entoure(nt) ?

Questionnement :-« on ne veut pas devenir comme lui mais on n’a pas vraiment le choix, comment faire ? »

Réflexions : -Il ne faut pas perdre notre idéalisme d’adolescent en répondant aux impératifs d’adulte.
-Le fantasme peut-être source de frustrations.












Morale VS rock’n roll : « Good Morning England »
Réalisé par « Richard Curtis » (2009)

En 1966 la BBC ne diffuse que 45 minutes de Rock, mais les radios libres, hors la loi, se chargent de prendre la relève ! Carl est justement envoyé sur un bateau émetteur suite à son renvoi du lycée ; Il découvre alors un monde inespéré…
Est-il acceptable que la morale dicte l’écriture des lois ?

Réfl-actions :
Réflexions : -Chacun a le droit d’écouter ce qu’il veut et de choisir sa manière de vivre.
-La société n’a pas à déterminer ce qui est mauvais sur base de la simple morale.
Analyse musicale :-La musique participe dans ce film à la bonne ambiance (rock sautillant)
-la Musique rythme littéralement les évènements.
-Les couleurs et la musique connotent les personnages (la morale est terne, le rock est coloré)